Les conséquences des Violences Obstétricales et gynécologiques

Violences obstétricales et gynécologiques : un impact sur la vie des femmes

Les violences obstétricales et gynécologiques, vont se répercuter sur la santé physique et/ou mentale des femmes et de leur bébé, mais aussi sur leur vie familiale, sociale et professionnelle.

Les conséquences physiques : la difficulté d’une prise en charge

Les femmes vont souffrir de séquelles plus ou moins invalidantes qui auront des répercussions à court, moyen et long terme sur la qualité de leur vie, comme celle de leur bébé, et de leur famille proche.

Pour beaucoup de femmes qui témoignent, la réalité de ces séquelles physiques est ignorée voire niée par le corps médical. Les prises en charge de ces séquelles sont donc majoritairement mal faites ou inexistantes. Il faudra beaucoup de ténacité et plusieurs visites chez divers praticiens pour qu’un diagnostic soit posé et qu’elles puissent bénéficier de soins adaptés, qui malheureusement interviennent souvent sur le tard. Nous observons aussi des femmes qui adoptent une conduite d’évitement jusqu’à la prochaine grossesse.

Des troubles psychiques

D’autres gestes ou habitudes médicales généralisés, non nécessaires au bon déroulement du processus de l’accouchement, peuvent créer des troubles psychiques chez les femmes :

  • Retrait du nouveau-né à la mère immédiatement après la naissance alors que l’enfant n’est pas en urgence vitale
  • Position gynécologique (alors que la péridurale ambulatoire existe lorsqu’une péridurale est demandée)
  • Immobilité imposée, et générant vulnérabilité, irrespect de la pudeur, et impuissance
  • Répétition de touchers vaginaux dont les effets négatifs sur la femme sont maintenant bien documentés scientifiquement
  • Attachement en croix des bras de la parturiente lors de la césarienne et qui ne seront pas détachés lors de la présentation du nouveau-né à sa mère avant qu’il ne soit emporté…

Le syndrome de stress post traumatique après accouchement

Certaines femmes vont souffrir d’un syndrome de stress post traumatique (SSPT)  plus ou moins sévère.

Cela est souvent lié à des procédures, des pratiques et des actes chirurgicaux extrêmement douloureux, et effectués avec une anesthésie imparfaite voire absente, c’est-à-dire à vif, et/ou sans le consentement des femmes, parfois même malgré leur demande que l’acte soit arrêté.

Ce syndrome n’est pas la conséquence de gestes “mal vécus” mais de gestes violents sur le corps, inutilement rendus douloureux, et qui ne correspondent pas aux préconisations actuelles de la science.

Il s’agit ici de gestes banalisés, acceptés, réitérés dans l’indifférence générale alors que leur simple énumération évoque une situation de totale soumission et de grande impuissance des femmes qui s’oppose à toute logique.

L’absence de prise en charge rapide de ces femmes va engendrer dans un très grand nombre de cas des dépressions profondes qui s’inscriront dans le temps.

Les conséquences sur le suivi gynécologique et obstétrical

Certaines femmes abandonnent tout projet d’avoir un suivi médical gynécologique et/ou obstétrical. Cela peut entraîner, dans certains cas, des grossesses et des accouchements non assistés médicalement.

Le petit nombre de sages-femmes exerçant les accouchements à domicile, voire leur inexistence sur certains territoires, ainsi que les difficultés à faire reconnaître et développer les maisons de naissance, ne permettent pas à ces femmes de bénéficier d’alternatives dans l’offre de soin, qui pourraient répondre à leurs besoins spécifiques.

Elles sont alors contraintes, par l’absence de choix de prise en charge de l’accouchement, par la peur ou par la volonté de ne pas être de nouveau maltraitées, de donner naissance à leur bébé seule, du fait des conséquences traumatiques des violences obstétricales et gynécologiques et de la perte de confiance dans les équipes médicales.

Certaines femmes abandonnent l’idée d’avoir d’autres enfants.

Dans les deux cas, aucune prise en charge n’est pour l’instant sécurisante et suffisamment garante de bons soins pour permettre à ces familles d’envisager une seconde naissance sereinement ou d’accepter le retour sur une plateforme d’hôpital. Pour d’autres, la seule alternative reste la césarienne programmée, pour ne pas avoir à s’exposer de nouveau à de potentielles violences obstétricales.

Les conséquences sur la vie professionnelle

Pour beaucoup de ces femmes, obtenir des arrêts de travail post-natal pathologique au-delà du congé maternité, semble rare. En effet, l’ignorance par les soignant.e.s des conséquences des violences obstétricales sur le quotidien des femmes va entraîner une errance pour le suivi médical et gêner/rendre difficile la reprise du travail dans de bonnes conditions. Cela peut se traduire par des reprises de travail prématurées suivi d’abandon voire de démission.

Cette errance peut se répercuter sur les revenus de la femme et engendrer une baisse significative des ressources, entraînant une précarité financière et une dévalorisation des soins, renforcée par la dépression.

L’ensemble des conséquences énumérées plus haut vont participer à isoler socialement les femmes qui se sentent incomprises et ont des difficultés à s’inscrire dans une maternité positive. Les conséquences directes sur la relation et le lien mère-enfant ainsi que sur l’enfant sont très négatives.

Cela entraîne un mutisme et une recherche d’alternatives aux futures prises en charges de leur santé, en dehors des dispositifs de droit commun. Ces alternatives s’avèrent coûteuses, inadaptées voire dangereuses, notamment dans la prise en charge des séquelles psychologiques par des thérapeutes pas ou peu diplômés et dans la majorité des cas, non formés à la traumatologie psychiatrique et plus précisément sur le syndrome de stress post traumatique.

Tout ceci nous apporte un éclairage sur les violences obstétricales et gynécologiques. Cependant, nous voulons signaler que certaines femmes sont encore plus susceptibles que d’autres d’être victimes de manque de respect ou de mauvais traitements, et c’est le cas notamment des adolescentes, des mères célibataires, des femmes défavorisées sur le plan socio-économique, des femmes maltraitées par leur conjoint, des femmes souffrant d’un handicap, des femmes issues de minorités ethniques, des femmes homosexuelles, des personnes transgenres, des immigrantes et des femmes séropositives.