« Arrêtez de crier, vous allez faire peur à votre bébé »

« Arrêtez de crier, vous allez faire peur à votre bébé »

« Arrêtez de crier, vous allez faire peur à votre bébé » 1920 1280 IRASF - Institut de Recherche et d’Actions pour la Santé des Femmes

TÉMOIGNAGE ANONYME #ViolencesObstétricales 
Date des faits : 22 septembre 2018 – Clinique Saint-Jean de Languedoc, Toulouse – Profession : Auxiliaire de puériculture

 

La veille de mon accouchement, la poche des eaux s’est rompue avec du sang vers 21h30-22h. La présence du sang ainsi que le fait que j’avais un taux de plaquettes bas, nous a beaucoup inquiété mon conjoint et moi. Arrivés à la maternité, la sage-femme m’a fait les examens nécessaires (toucher vaginal, monitoring, analyse d’urine, prise de sang). Avant de partir en chambre car le col était postérieur (on suppose fermé car je suis sensible au toucher vaginal) et peu de contractions sur le monitoring.

Je suis redescendu au bloc obstétrical vers 3h du matin (les contractions commençaient à être douloureuses.) Mon col était ouvert à 2, il était trop tôt pour pouvoir brancher l’anesthésie péridurale. La sage-femme m’a donc fait une piqûre pour soulager la douleur et continuer les contractions. Elle m’a ensuite installée dans la salle d’accouchement. J’étais allongée sur le côté droit avec un coussin d’allaitement.

Vers 5h30, les contractions étaient de plus en plus douloureuses, je le signale à la sage-femme qui m’explique qu’elle va téléphoner à l’anesthésiste de garde pour venir me faire la péridurale. L’anesthésiste arrive et me fait la péridurale vers 6h15. La péridurale m’a soulagée au niveau des douleurs mais j’étais perturbée par le fait que je puisse bouger mes jambes alors que pour mon premier accouchement, mes jambes étaient complètement endormies.

Vers 7h30, la sage-femme me fait un toucher vaginal pour vérifier le col qui était à 7.

L’équipe médicale de jour est arrivé à 8h. A ce moment-là, j’ai ressentie des douleurs au niveau des fesses (ou en bas du dos côté gauche) ; je l’ai signalé à l’équipe qui m’a répondu que ce n’était pas des douleurs mais une gêne car j’avais une bonne péridurale. Cette douleur n’était pas en continue mais je l’ai ressentie à plusieurs reprises et ce, jusqu’à mon accouchement, l’équipe n’ayant pas pris en compte mes douleurs.

Au moment d’accoucher, la nouvelle sage-femme m’installe en position gynécologique (allongée sur le dos et mes jambes posées sur les étriers). Elle a effectué le rasage du pubis sans m’en informer et sans demander mon consentement. Elle m’a dit : « vous avez que deux poussées à faire et vous n’aurez pas de déchirure ni d’épisiotomie ».

Elle m’a également dit « le gynécologue ne va pas être content. » mais je ne me rappelle plus pour quelles raisons elle m’a dit ça.

A son arrivée, le gynécologue obstétricien, ne s’est pas présenté et n’a pas salué. J’ai ressenti rien qu’à son regard qu’il était impatient, il semblait être pressé et mécontent d’être la…

L’équipe médicale a été très exigeante sur la position de mes jambes, mes mains et mes coudes pour faire les poussées. Je devais poser mes mains sur deux barres et bien positionner mes coudes. Ma jambe droite était sur un étrier qui n’était pas bien fixé. C’est alors que l’étrier est tombé sur le côté, ce qui a fait également chuter ma jambe. Cela a dérangé l’équipe médicale.

Mon conjoint a proposé de tenir ma jambe, l’équipe lui a répondu « non ». J’ai voulu placer mes mains sous mes cuisses en pensant que ça permettrait de ne pas faire bouger ma jambe, l’équipe a dit « non ».

J’ai ressenti beaucoup de pression, de stress, aucun soutien de la part de l’équipe médicale pour me rassurer, me sécuriser et m’aider à me concentrer à faire les poussées.

J’ai réussi à faire la première poussée.

Au moment de faire la seconde poussée, je n’ai pas réussi à me concentrer pour bloquer la respiration afin de pousser ( j’ai inspiré puis j’ai soufflé avec la bouche ouverte) c’est alors que j’ai ressenti de nouveau cette douleur au niveau de mes fesses et du bas de mon dos et j’ai crié très fort et longtemps, ce que l’équipe médicale n’a pas du tout appréciée. On m’a dit, je cite : « arrêtez de crier, vous allez faire peur à votre bébé », mais à aucun moment on m’a demandé la raison de mon cri !

A cet instant, le gynécologue m’a donc fait une épisiotomie sans m’en informer et sans demander mon consentement. De plus, il a utilisé des spatules pour aider le bébé à sortir, et ce, sans m’en avertir, toujours sans mon consentement.

Pendant les poussées, l’auxiliaire de puériculture ainsi que la sage-femme ont exercé des expressions abdominales. J’ai appris plus tard que cet acte était déconseillé par la HAS depuis 2007. Mon nouveau-né tout juste posé sur mon ventre, le gynécologue a tiré sur le cordon ombilical brutalement pour extraire le placenta. C’est alors que ma jambe est de nouveau tombée sur le côté et j’ai bougé un peu mes fesses.

Au même moment, la sage-femme a demandé à mon conjoint de faire le tour (on suppose pour couper le cordon ombilical) et à cet instant, le gynécologue a dit à mon conjoint sur un ton sec, je cite : « sortez » sans même donner d’explication et a appelé l’anesthésiste.

Mon mari, bouleversé, s’est exécuté sans avoir pu couper le cordon ombilical. On a appris beaucoup plus tard que l’anesthésiste avait été appelé pour me faire une anesthésie générale.

Alors que mon conjoint patientait dans la salle d’attente sans aucune idée de ce qu’il pouvait se passer, il a remarqué que l’anesthésiste faisait plusieurs aller-retour entre la salle d’accouchement où j’étais et une autre salle. Pas une seule fois ce dernier n’est intervenu auprès de mon mari pour le rassurer et lui donner quelques explications.

C’est lors de son retour en salle d’accouchement que la sage-femme a informé mon mari que je venais de subir une anesthésie générale car, je cite « elle n’a pensé qu’à elle et pas au bébé ».

Les paroles de la sage-femme ont été vraiment irrespectueuses et injurieuses. Elle a dit aussi que l’équipe ne comprenait pas pourquoi je n’étais toujours pas réveillée malgré qu’ils m’aient tapoté sur les joues.

A mon réveil, J’ai remarqué l’absence du gynécologue et de l’anesthésiste. Seulement, mon conjoint, notre bébé et l’auxiliaire de puériculture étaient présents dans la salle d’accouchement. Seul mon conjoint m’a parlé : Il m’a dit qu’on m’avait fait une anesthésie générale et m’a annoncé le poids de notre bébé. Aucune personne de l’équipe est venue me voir pour me rassurer, m’expliquer ce qui s’était passé et me donner les raisons pour lesquelles on m’avait fait tout cela.

Le lendemain de l’accouchement, le gynécologue et la sage-femme sont venus me voir en suite de couches. Le gynécologue m’a clairement dit, je cite : « vous n’avez pas fait de poussées et vous devez aller consulter une assistante sociale. » J’étais seule face à eux, avec mon bébé dans les bras. J’ai eu peur et je ne voulais pas leur parler. J’ai été dévastée lorsque j’ai entendu le mot « assistante sociale ». J’ai pleuré lorsqu’ ils ont quitté la chambre.

La sage-femme devait revenir me voir le soir même pour qu’on ait une discussion, elle n’est jamais venue. De plus, je n’ai pas eu vraiment de suivi médical ce jour-là : juste une prise de tension le matin par la sage-femme qui était présente lors de mon accouchement. Elle s’est d’ailleurs permise de me dire que je faisais très mal ma toilette du périnée car l’épisiotomie était très gonflée et que normalement les points devaient tomber dans les 3 jours et que je devais me doucher au moins 8 fois par jour.

Le cathéter qui avait été posé sur mon avant-bras m’a été enlevé que deux jours après mon accouchement. La veille mon mari en avait fait la demande auprès des infirmières qui lui avaient répondu que l’infirmière de nuit l’enlèverait. Elle ne l’a pas fait car elle m’a expliqué que je devrais faire le lendemain un cycle glycémique suite à un diabète gestationnel et que ce dernier pourrait être fait via le cathéter. Le lendemain, l’infirmière du laboratoire m’a bien effectué un cycle glycémique mais le cathéter n’a pas été utilisé.

Une semaine plus tard, je ressentais de très fortes douleurs à l’avant-bras sur lequel était posé le cathéter ainsi qu’une perte de force pendant plusieurs jours.

A mon retour à domicile, ma sage-femme libérale, lors d’un contrôle de la cicatrice de l’épisiotomie, a découvert que j’avais eu également une déchirure qui ne m’avait pas été signalée. Elle m’a alors conseillée de réclamer mon dossier médical car elle était stupéfaite du déroulement de mon accouchement.

Un commentaire
  • C’est ignoble une honte… Je n’ai pas de mots vous avez été maltraitée vous avez été violenté vous avez été complètement laisser à l’abandon ils vous ont fait culpabiliser ils ne vous on rien expliquer… Je suis tellement triste pour vous… c’est tellement inadmissible je n’ai pas les mots pour exprimer la rage qui est en moi quand je lis vos mots… j’espère de tout mon coeur que vous et votre bébé allez bien et que vous n’avez pas eu de soucis avec l’assistante sociale par la suite ! Que votre famille se reconstruit et que vous arrivez à être épanouie dans votre rôle de mère !